Jeudi 23 septembre 2010 4 23 /09 /Sep /2010 18:16

Carnet de voyage 2009

de Trivandrum à Mumbai

 

 22  janvier    Varkala Beach, un petit avant goût de l’Inde

 Nous quittons  le Silver Sands à Negombo à 5h ce matin pour l’aéroport de Colombo. Vol Sri Lanka Airlines à 7h30. Le vol dure à peine une heure pour Trivandrum et à 8h25 nous passons la douane et récupérons les bagages. Petite appréhension classique, celle de ne pas voir le taxi de l’hôtel réservé via le net depuis la France ; mais non, le voilà qui brandit un panneau avec notre nom. Il s’excuse d’être un peu en retard car il arrive des toilettes, me déclare-t-il en tenant son ventre !  La voiture blanche qui ressemble à une Simca Aronde, comme tous les taxis ici, traverse des villages le long d’une belle route bordée de forêts de cocotiers très denses. La circulation est hétéroclite et ici pas de priorité apparente, ça double, ça triple… Notre bungalow au Kerala Bamboo House est un petit bijou, décoré avec goût avec sa jolie petite terrasse et sa salle d’eau ouverte sur le ciel.  C’est super, on s’y sent déjà bien.Une balade d’orientation s’impose le long de la  « cliff » (falaise), abrupte, qui impressionne Guy toujours sujet au vertige. Le long sentier qui la borde n’est qu’une succession de boutiques -vêtements, bijoux et art tibétain- de restaurants et d’hôtels. Déjeuner au Kerala Coffee House, un peu plus haut. : Poulet grillé, légumes, frites 150r, petite soupe épicée accompagné de « paratha », un pain indien à base de pâte feuilletée non levée cuite sur une plaque. - très bon mais trop copieux !On se pose un peu sur la grande plage où il y a pas mal de monde, mais sans être les uns sur les autres. Belle mer claire, vert émeraude. En fin d’après midi quand  le soleil commence à décliner des amateurs de yoga ou tai chi chuan, hatha yoga commencent leurs exercices au pied de la falaise ou au milieu des bronzeurs. Rendez-vous est pris pour un massage ayurvédique d’une heure demain, à 20h au Kerala Bamboo House. 

  

 

23 janvier     Farniente à Varkala beach

 Après le petit déjeuner au Kerala coffee house (les guests du Kerala Bamboo House bénéficient de 10% de réduction), nous profitons de la matinée pour nous dorer sur la plage et nous baigner. En prenant l’escalier de la falaise, je me demande toujours comment j’ai pu monter les 5200  marches d’Adams Peak, au Sri Lanka. L’eau est très bonne et la brise agréable nous fait supporter la chaleur. Le massage ayurvédique au Kerala Bamboo House commence avec une demi-heure de retard, à 20h30.  Mauvais point pour eux : La pièce est un peu bordélique, des chiffons pleins d’huile par terre, des récipients à moitié vides et des savons usagés partout dans la douche pas rincée. Ma masseuse me fait asseoir sur une chaise plastique, une étroite étoffe style bandelette Velpeau accrochée à une ceinture de tissu nouée autour de la taille fait office de string d’un nouveau genre ! Massage du cuir chevelu, tête, cheveux, avec huile, avant de m’allonger sur la large table de skaï. Elle ne lésine pas sur l’huile. A 9h20, c’est fini. Elle m’arnaque de dix bonnes minutes et je n’apprécie pas trop. Guy est encore sous les mains du masseur alors qu’il a commencé dix minutes avant moi : 600r chacun. On cherchera ailleurs un autre centre plus clean et plus professionnel à notre goût.  Peut-être est–on tombé sur un mauvais jour ? A l’agence de l’hôtel, résa du billet de train pour Allepey et la nuit en house boat 5500r.  

 

  

24 janvier et 25 janvier  Grosse fatigue à Varkala !

Même la balade dans les ruelles et sur la route menant à la jonction nous fatigue tant la chaleur est intense ! On s’arrêtera avant et nous rejoindrons notre hôtel via le sentier côtier au niveau de l’héliport. Il y a de l’air heureusement pour la bronzette sur la plage jusqu’à 17h. Au programme chargé du samedi,  se rajoute aujourd’hui dimanche un super massage ayurvédique au Sanjeevani  centre, du Cliff House Beach Resort à 400r l’heure. – un petit hôtel simple, près du Hill Top. Les masseurs sont formés à l’hôpital  spécialiste en Ayurveda « Sanjeevani Ayurveda Hospital & Yoga Centre ». www.keralaayurveda.com info@keralaayurveda.com Spectacle de Kathakali au Cultural Center, un peu avant le Clafouti Hotel. Cet art traditionnel du Kerala met en scène une histoire basée sur les épopées hindoues et des thèmes classiques tels que vice et vertu, fragilité et courage, pauvreté et prospérité, guerre et paix... Des percussions et des chants accompagnent les acteurs, qui content l'histoire à l'aide de gestes précis, des mudras (gestes des mains) et des expressions faciales. La longue préparation obéit à des règles strictes. Maquillage, costumes fantastiques et colorés, coiffures très ornementées et méditation transforment les acteurs, physiquement et mentalement, en dieux, héros et démons qu'ils vont interpréter. Ce soir, la séance de maquillage et d’habillage des acteurs, à 17h30, dure plus longtemps que le spectacle !

  

26 janvier     Bientôt le départ 

 Levés plus tôt que d’habitude, on se replie au restaurant Sis Kitchen avant Clafouti pour le petit déjeuner, car à 8h, beaucoup de cafés et de boutiques sont encore fermés. Nous fermons les yeux sur leurs viennoiseries alléchantes de la vitrine…nous nous  limiterons à leur pain  maison.Ciel légèrement brumeux et temps chaud. Deux heures de plage et de baignade.Le ciel devient gris clair et la pluie tombe légèrement vers 17h. Cela nous change. 18h massage comme hier au Sanjeeva du Cliff House Beach Resort, puis bouclage des sacs en vue du départ demain pour Alleppey. 

  

 

27 janvier     Le train, première expérience indienne

 A 6h10, c’est une voiture et non un rickshaw qui nous attend… Bug de la réception ? On négocie au moins cher, à 100r.L’Express part quasiment à l’heure, à 8h30. Première expérience indienne, mêlés à d'autres voyageurs dont une dizaine, à peine, d’Occidentaux, dans un wagon  de ...106 sièges, surmontés d'une trentaine de ventilateurs sur chaque côté. Les serveurs passent sans cesse avec leurs plateaux charges de plats chauds ou proposent thé ou café. Un rickshaw nous attend pour nous emmener au bureau du KTC. D’ci l’heure d’embarquer, on prend le temps d’un petit déjeuner pour 100r à deux et d’un intermède internet au Cybergrafix. La ville d’Alleppey ne nous apparait pas vraiment jolie. Noufal, notre sympathique rickshaw, nous propose de nous emmener à Kochi à 65km dans deux jours ! Nous avions prévu d’y aller en train, mais à la lecture de son livre d’Or, pourquoi ne pas tenter  l’expérience ?A 11h30, nous montons à bord d’une kettavalum*, barge de riz traditionnelle transformée en house boat très confortable. On nous présente le staff, souriant et gentil : Pavi le capitaine, Sadi le mécano et John le cuisinier qui seront rien que pour nous. La Houseboat sillonne les backwaters. Presque seuls à bord oui… mais pas seuls  sur les canaux ! Un vrai régal de se laisser porter ainsi, au fil de l'eau, dans un silence rompu seulement par le bruit des corneilles ou autres oiseaux, quelques canoës à moteur.  Un damier géant de rizières vert tendre en dessous du niveau de l'eau, s’étend de part et d'autre des canaux, véritables avenues aquatiques aussi larges que la Garonne, et bordés de palmiers et bananiers, et ce, sur des milliers de kilomètres. Allepey, n’est pas surnommée la Venise indienne pour rien !  Atmosphère unique, rendue magique  par une belle luminosité malgré les nuages et même un petit grain. Nous sommes dans le grenier à riz de l’Inde.John nous sert vers 13h un fish curry et à l’heure du tea-time café, et bananes frites à l’huile de coco.On observe à loisir les riverains s’adonnant à leurs activités quotidiennes, lavage du linge, vaisselle, toilette, préparation du poisson ou encore départ au travail dès le matin pour les petits écoliers comme pour les ouvrières des rizières. Amarrés dès 17h30, face à un minuscule village le long d’un canal, John nous prépare un chicken curry que l’on déguste à 19h30. La nuit est bien noire. Les criquets ont remplacé les corneilles.  

 

   

28 janvier     Alleppey, la Venise indienne

 Nous n'avons pas ressenti le roulis et nous avons bien dormi malgré le lit un peu ferme. Le petit déjeuner est copieux avec œufs, toasts, confitures, ananas frais et bananes. Quand on débarque à 9h30, Noufal nous conduit au Palmy Lake Resort (réservé depuis Varkala). Accueil charmant par Mercy et son mari. La palmeraie  abrite quatre cottages individuels et leurs grands hamacs, et un bungalow double. Chambre  et salle de bains nickel. Le backwater qui longe la propriété, recouvert d’herbes à vache, n’est  pas opérationnel en saison sèche. 

L’après midi s’organise. 12h30-13h30 : massage près de Finishing Point, au Centre Ayurvédique Panchakarma, Sreekrushna, sur la même rue, sur les recommandations enjouées de notre hôtesse. On vient même nous chercher en moto.www.krishnayurveda.com  Excellent massage, le top ! Les huiles, dont une au santal, m’inondent du crâne aux orteils. Pour finir, la masseuse, telle une mama,  me savonne comme un bébé, si, si, et me rince à l’eau chaude avec un cruchon en plastique.De retour à pied au resort, promenade en canoë à rames à travers les canaux étroits, qui nous rendent plus proches de la vie le long des berges. Nous goûtons au masala chai, un thé parfumé au lait, chez un petit épicier sur la berge.

.Connexion internet lente au Palmy Lake Resort.  Le dîner préparé par Mercy est propice à de passionnants échanges autour de la table avec les autres voyageurs, deux Espagnoles, une Allemande et deux Anglaises.

 

 

 

29 janvier  Un rickshaw pour Kochi !

 Mercy nous a confectionné des puttu au petit déjeuner, à base de farine de riz, de noix de coco râpée, de lait, le tout cuit à la vapeur, on y écrase une banane, certains y ajoutent même du curry. Petit tour en cuisine pour assister à la préparation.Avant de quitter le resort, nous donnons l’adresse de Beena Homestay de Kochi,  à Hans, un fan de nature et de photos. Le rickshaw de Noufal cahote vers notre prochaine destination  Kochi, ex-Cochin ; on rencontre sa femme et ses adorables enfants sur le chemin de l’école. Cinq heures de trajet et de découvertes sur des routes secondaires bien bitumées au lieu de l’heure et demie en train que nous avions planifiée au début. On se régale ! Merveilleuses plages, où les collègues amis de Noufal attendent les clients. L’un d’entre eux nous donne même sa carte de visite annonçant « chambre d’hôtes ».Traversée d’un confortable resort balnéaire, rencontre avec quelques pêcheurs sur la belle plage du village Pollathai, à Marari, au nord d'Alleppey ; on assiste à la récolte du toddy, la bière de palme. Ici, nous sommes témoins d’un mariage catholique et on nous invite à assister à la signature des mariés, et encouragés à faire photos et vidéo ! Là, c’est une messe chantée qui nous attire et nous émeut dans une grande église catholique. Visite de la vieille église à l’arrière de la place. Autre arrêt intéressant pour voir le tissage de tapis brosses. Le rickshaw nous permet d’être facilement au contact de la population.Partout des écoliers en uniforme qui nous repèrent aisément  et agitent leurs mains en signe de salut : nœuds de couleur assortis aux nattes  - saris de toutes les couleurs. Les voir aussi rieurs et communicatifs nous enchante. A Fort Cochin, Beena et son mari nous accueillent avec une extrême gentillesse  dans leur maison d’hôtes, Beena homestay. Ils sont à nos petits soins et nous offrent fruits, eau, café, chapatis, un pain indien sans levain, appelé aussi roti,  accompagné de  miel.La grande chambre avec ventilateur à 800r est d’une propreté nickel. (4 chambres sont au rez de chaussée, et deux à l’étage avec clim).L’après midi, nous prenons le ferry pour Ernakulam junction, une des deux gares de Kochi pour y réserver nos billets de train pour Ooty, notre prochaine étape, une station climatique du Tamil Nadu. Puis retour à Fort Cochin.  Un parfum d’antan flotte dans les ruelles du quartier portuaire, le centre du commerce en gros des épices. De vieilles bâtisses délabrées témoignent du riche passé colonial …quelques inscriptions encore lisibles sur les façades à la couleur passée me renvoient à mes livres d’histoire. Les chèvres sont omniprésentes dans les ruelles ou le moindre coin d’herbes ou tas de détritus. Après une longue marche  à se perdre dans le quartier, on se décide à prendre un rickshaw pour rentrer. Beena et son mari, excellents cuisiniers, nous ont concocté quelques spécialités pour le dîner.Le puttu est une spécialité du Kerala où il se mangt généralement salé, au petit déjeuner.

recette du PUTTU trouvée sur Internet:

Mettre dans un bol, mélanger:
- 1 tasse de farine de riz - 1 tasse de farine de blé pâtissière - 1 tasse de sucre non raffiné
- 1/2 tasse ou plus de coco râpé - 2/3 de tasse de lait - 2/3 de tasse d'eau - 1 cuillère à café de cardamome en poudre


Faire cuire environ 8 à 10 min à la vapeur...-->pour cela beurrer un récipient qui va au micro ondes (puissance moyenne) et y mettre la pâte.Vérifier toutes les 2 minutes la cuisson et retirer quand la pâte a levé
 

 

30 janvier          Le charme de  Kochi

A huit heures, un petit déjeuner copieux traditionnel réunit tous les hôtes, un Anglais, Christel, une Allemande, et Elizabeth, une Autrichienne de Vienne toutes deux professeurs d’anglais de LEP  en congé sabbatique. On se régale de dosas, des crêpes de farine de lentilles et de riz.Beaucoup de monde à bord du ferry pour Ernakulam, à cause du festival hindou qui commence aujourd’hui, au Shiva Temple. Après le change à la banque, rickshaw jusqu’au magasin Fuji, où on arrive à mettre mes photos sur CD, et solutionner mon problème de carte mémoire. A suivre ! Un peu plus tard, je ressors du beau magasin Seematti avec trois salvars complets. De quoi perdre la tête à essayer de choisir parmi tous ces saris, vêtements traditionnels et tissus. Guy s’en achète deux dans un magasin plus loin. Après trois heures d’internet  où je charge plein de photos sur mon blog pour 100r, retour aux deux magasins pour récupérer mes vêtements avec les manches recousues puis ceux, réajustés, de Guy.On rentre à temps pour le dîner, un super repas seafood avec crevettes et calamars achetés au marché par le voyageur anglais,  cuisinés par nos adorables hôtes. A 20h30, un taxi nous emmène tous à Ernakulam, pour assister à la procession d’éléphants au temple Siva. En fait, elle se résume ce soir, à un seul pachyderme, qui, le front brocardé, fait le tour de temple au son des tambours,  précédé par les officiants tenant torche allumée et ombrelle et suivi par les fidèles. Le taxi à la conduite « fangio » nous ramène tous à 22h, le spectacle fini. 

31 janvier     Fort Cochin

Ce matin,  Beena a cuisiné des appams*, délicieuses galettes, légères et mousseuses, recouvertes de miel. Beau soleil, ciel bleu et chaleur. 10H. nous allons au nord de la péninsule dans le vieux quartier colonial plein de charme ; on y voit les Chinese nets, grands filets de pêche tenus par de longues perches en bois. Huit hommes sont nécessaires pour les relever grâce à un système de cordages et de contrepoids de pierre.  Ces gigantesques carrelets rappellent les liens anciens unissant l'Inde et la Chine. Les abords de la « plage » sont dans l’ensemble assez sales et puants. Nous nous posons « au frais » sous les ventilateurs du Tea Pot, un joli salon de thé voué aux collections de théières. Leurs lassis et jus de fruits sont des délices. Rickshaw pour Dutch Palace, le palais hollandais via un parcours «touristique »  passant devant deux temples –hindou et jaïn – et un entrepôt d’épices où sèche les  rhizomes de gingembre à même le sol ; on y goûte pickles à la mangue, thé gingembre et thé cardamone… très bon. Un  rickshaw  jouant au guide… le principe est connu, et en l’occurrence on l’accepte volontiers.Le palais hollandais est intéressant pour ses boiseries, les fresques murales et les  palanquins décorés d’ivoire. La synagogue est fermée le samedi. Retour dans le vieux Cochin et au Teapot pour un en-cas, avant de rentrer à 17h chez Beena. Nous nous posons un peu et papotons avec Elizabeth, échangeons nos mails (nous la reverrons en juin, lors de son passage à Bordeaux). Elle m’enverra les recettes transcrites en anglais de Beena ! A 19h, dernier dîner, photos souvenirs, au-revoir chaleureux et promesses d’écrire. Ce soir Beena affiche presque « complet » car beaucoup de voyageurs sont arrivés depuis hier. Nous avons l’heureuse surprise de constater que le prix de 800 r comprend tous les repas. Quels amours ! Nous avons l’impression de quitter des amis.Le taxi nous emmène à la gare Ernakulum junction. Notre train est à 22h15 : la classe sleeper propose un confort minimum avec six banquettes en skaï et en plus c’est assez sale mais …. On en a pour nos roupies hein ?  Ah … Le train de nuit du Vietnam !

 

1er février     Un p’tit train pas comme les autres 

Après une arrivée matinale à Coimbatore à 2h55am, un autre train, en classe sleeper, part à 5h15  pour Mettupalayam que nous atteignons une heure plus tard. On comprend un peu tardivement qu’il faut  vite se ranger dans la queue sur le quai, pour avoir notre place assise dans le petit train à vapeur, car on est en « waiting list » comme tous les autres voyageurs ou presque. C’est ainsi ! Départ prévu à 7h.Le pittoresque petit train à vapeur serpente à son rythme à travers les Montagnes Bleues des Nilgiri,  qui abrite Ooty, une station climatique à 2250m d’altitude très prisée par les Indiens. Un train pas comme les autres, puisqu’il fait partie du patrimoine mondial UNESCO et est presque unique au monde. La locomotive crachotante de 1918 pousse  les wagons, dont  le nôtre tout en bois, (les autres sont un peu plus récents) ! Nous arrivons au bout de 5 heures d’un parcours des plus pittoresques. Du 20 à l’heure au plus, dans un balancement du corps d’avant en arrière… bonjour les reins ! Des tunnels (une bonne dizaine), terribles pour les poumons et les oreilles. On se fait surprendre au premier tunnel et le compartiment est envahi par une épaisse fumée noire rabattue par les parois du tunnel : irrespirable bien sûr. Et de se boucher en même temps le nez, la bouche, les yeux et les oreilles dans un bruit de cymbales tonitruant. Au deuxième tunnel, on s’organise : le signal est vite donné par celui assis dans le sens de la marche, et la loupiote qui s’allume : hop on relève les fenêtres, on se bâillonne tous les orifices. Quelle horreur ! L’un des tunnels est plus long et ça en devient un peu paniquant à l’idée qu’on pourrait s’empoisonner. Quelques arrêts bienvenus pour se dégourdir les jambes. Pause thé masala au lait dans deux petites « gares », sous les yeux curieux d’une horde de petits singes. Pause « technique » où le mécanicien  huile les rouages, met de l’eau, remet du charbon.Belles vues imprenables tout autour de nous. De temps en temps, aperçu tout en bas, de la route en lacets. Guy se doit de boire le verre de whisky local offert par nos compagnons, de gais lurons qui entonnent à tue tête des chansons indiennes, échauffés par ce qu’ils ont déjà éclusés.  Cela les fait rire d’essayer de le saouler !A midi passé, nous arrivons, les yeux pleins de quelques beaux paysages de plantations de thé. Taxi jusqu’àReflections Guesthouse, un peu plus loin en bord du lac. On aurait pu s’y rendre à pied. Une employée peu chaleureuse, qui ne maitrise que quelques mots d’anglais, se contente de nous montrer la chambre, à quelques volées de hautes marches, dans le deuxième bâtiment à l’arrière du jardin. Belle vue, terrasse commune en coursive, mais chambre ordinaire au plafond de tôle ondulée, direct sous le toit ! Un dessus de wc cassé traîne par terre. On lui préfère la chambre 12, dans la maison principale, la seule avec vue sur le lac, et une grande salle d’eau propre; très correcte pour 700r. Ooty est animée et bruyante. Aucun charme, assez pauvre, on y respire plutôt les gaz d’échappements. Forte luminosité et magnifique ciel bleu.Mes priorités : 1. Acheter un pull (pour remplacer le mien laissé à Varkala au Kerala Coffee House), car Il fait frisquet à l’ombre. 2. Trouver de bonnes lunettes de soleil pour remplacer les miennes légèrement écrabouillées dans le train. J’en trouve chez un opticien que l’on m’a indiqué, à Charing Cross. Eh bien, je coûte cher aujourd’hui !Dans la guesthouse, ça commence à cailler. Pas de chauffage, la cheminée n’est pas allumée, dommage. Nous dinons ici pour le côté pratique mais le repas est loin d’être aussi mitonné que l’affirment certains guides de voyage… A 20h, nous allons nous glisser sous une couette doublée d’une couverture, collés l’un contre l’autre, prévoyant le froid probable, et on s’endort vite.

 

2 février        Randonnée sur les hauteurs des Monts Bleus au Tamil Nadu 

 Enfin une bonne nuit complète, malgré un lit dur, et nous n’avons pas eu froid ! A la table du petit déjeuner, nous échangeons quelques infos avec d’autres voyageurs.  Rickshaw pour le mont Doddabetta,  point culminant des monts Nilgiri à 2637m. L’air est frisquet, même à 11h30. Du parking nous prenons le sentier qui mène à « l’observatoire ». En haut du pic, vue imprenable, belle et claire malgré la légère brume. Nous redescendons à pied. Après la pause café et chocolat (mais oui des morceaux de chocolat fait maison), dans un petit troquet en bord de route, nous coupons à travers les champs en terrasses au niveau de la tea factory. Plus de plantations de thé par ici, juste des cultures de choux et autres légumes. Dans les ruelles de deux villages étagés sur la montagne  les habitants nous sourient.La piste débouche à l’extrémité d’Ooty, au niveau de Charing Cross. Il est temps de déjeuner.  Les petits plats épicés à prix doux du  Chandan, le restaurant chic de l’hôtel Nahar,  enchantent nos papilles. Nous craquons pour le dhal makhni, plat de lentilles noires complètes étuvées à feu doux pendant la nuit, et mélangées à l’oignon, le gingembre, l’ail et la tomate ; le baingan ka bharta, aubergines cuites sans leur peau, revenues dans l’huile et une sauce tomate épicée. Et que dire des lassis à la mangue, bien mousseux…A la sortie de la ville, près de la gare routière, quelques hommes Toda vêtus de blanc, leurs grands châles brodés sur les épaules, vont pieds nus ; descendus à la ville pour une cérémonie religieuse, ils repartent rejoindre leur hameau dans les montagnes environnantes où vit cette minorité ethnique.On renonce à poursuivre à pied la route qui mène au Fernill resort que je voulais voir et nous arrêtons la balade au niveau du parc. Retour en rickshaw pour un repos bien mérité ; nous ne nous sentons pas le courage de ressortir dîner… Demain départ pour Mysore. 

Les tribus montagnardes des Nilgiri : les Todas

Une des principales tribus primitives qui ont peuplé les Nilgiris. Ces tribus ont cohabité en paix dans une relative harmonie pendant des siècles en formant un ensemble économique, social et culturel indépendant.La reconstitution d'une hutte et d'un temple accompagne la présentation des Toda dont le système social, économique et spirituel est entièrement centré sur le buffle:"Les produits laitiers tirés de la bufflonne faisaient partie du régime alimentaire de la tribu et servaient de monnaie d'échange contre des céréales, des outils, des poteries. Les Toda, strictement végétariens, ne sacrifiaient un buffle que lors de la mort de l'un des leurs. L'animal n'était alors pas destiné à être mangé, mais à accompagner le défunt dans l'autre monde. Aujourd'hui encore, les Toda croient que l'âme du buffle sacrifié suit l'esprit du mort au ciel, où l'animal continue à offrir son précieux lait. D'autres traditions se perpétuent, notamment celle de la division du travail: les hommes s'occupent des buffles, tandis que les femmes brodent des châles.

3 février  Les trésors de Mysore

Nous quittons sans regret, ni un au-revoir la patronne et le personnel de cette pension peu chaleureuse. Le bus privé pour Mysore nous prend à 9h15, mais du fait de la tournée des autres hôtels et des diverses agences (on fait deux fois le tour de la ville), on quitte Ooty à 10h15. La belle route sinue à travers de beaux paysages et deux réserves naturelles. Quelques antilopes,  singes ou sangliers fuient à notre passage. Bienvenus dans le Karnataka, où prédominent aridité et chaleur – bye-bye la fraicheur d’altitude !!!Quatre heures plus tard nous voilà à Mysore où nous choisissons le Maurya Palace pour trois nuits. Déjeuner à leur restau climatisé, au joli cadre intime, avant de nous reposer. Le Palais du Maharaja au coucher du soleil est fééerique même si ce n'est pas le soir du grand éclairage. Ce splendide palais, résidence des maharajas de Mysore, fut construit en 1897, puis reconstruit après un incendie en 1912. Les éclairages nocturnes mettent en valeur arcs, tours et clochetons, une architecture  au style indo-sarrasin qui faisait figure d'art officiel dans la colonie. Un bel avant-goût de la visite de demain.  

4 février  Plein les yeux !

Au petit déjeuner pris au Maurya Residency, l’hôtel partenaire voisin, les dosas au miel, nous caleront pour la matinée. Il fait bon à 9h et ce petit air frais, bien agréable, est idéal pour partir à pied au Palais du Maharaja. Il nous faut attendre l’ouverture des portes à 10h pour acheter nos tickets d’entrée (200r le visiteur étranger, 20r l’Indien…). Magnifique palais à l’extérieur autant qu’à l’intérieur. La visite est un enchantement. Tout y est travaillé ; couleurs harmonieuses, verrières en vitrail remarquable, boiseries, plafonds en bois peints de belles scènes variées, parfois cloutés d’étoiles argentées, des visages peints qui ressemblent à s’y méprendre à des photographies.

Nous déjeunons au Om Shanti, un  restaurant végétarien à deux rues de notre hôtel, de délicieux thalis pour un prix très mini. Thali à 65r extra. Il deviendra désormais notre « cantine » !

Deux heures de repos dans la chambre avant de repartir au Devaraja market  pour un régal des yeux et de l’odorat. Stands chargés de fruits, de légumes, d'épices, 

Par misha - Publié dans : Carnets de voyage
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